Réflexion sur les tables
Écrit par Administrateur   
Samedi, 17 Décembre 2005 11:36

Réflexion à propos des tables de plongée 

D'après le Dr Jacques Wolkewiez; conférence du 2 décembre 1995 pour la Commission Médicale de la Ligue Dauphiné Savoie

 

Les tables de décompression ont été calculées d'après des modèles expérimentaux basés sur des liquides simples, de type eau gazeuse. Dans le sang, les protéines circulantes s'organisent autour de la bulle, avec leur pôle hydrophobe tourné vers l'interface. Au dessus de cette couche protéique, viennent s'agréger les plaquettes. La bulle en circulation se trouve entourée d'une véritable «peau» qui limite la diffusion des gaz, ce dont ne tient pas compte le modèle de calcul des tables.

Nos tables actuelles ont été améliorées empiriquement, en fonction des accidents se produisant lors de leur utilisation, pour atteindre un niveau de sécurité jugé acceptable pour la majorité des plongeurs!

Ce qui revient à dire qu'un plongeur dont les caractéristiques physiques et/ou physiologiques s'éloignent trop de celles de cette majorité, risque d'être en danger malgré un respect parfait des tables.

De plus «à condition de décompression égale, ne fait pas de bulles qui veut» (FRUCTUS 1983), c'est à dire qu'il existe des sujets dont la décompression entraîne plus facilement la formation de bulles.

Une étude réalisée chez des plongeurs de la Marine Nationale montre l'augmentation, du débit moyen de bulles et du pourcentage de sujets avec des bulles, en fonction de la durée et de la profondeur de la plongée (dés 25 mn à 30 m). De plus, il y a une importante augmentation du nombre de bulles si ces volontaires plongent en mauvaise condition physique (le lendemain d'une fête!).

Le calcul des tables de décompression se fait donc d'après des modèles théoriques qui sont au nombre de trois:

- le transport par perfusion,

- les échanges par diffusion,

- la saturation in situ.

Le transport par perfusion est exprimé par la formule de HALDANE (1908-1935) dont le modèle est basé sur des liquides simples. Cette formule sert de base au calcul de nos tables qui, comme nous l'avons vu , ont été modifiées expérimentalement en fonction des accidents.

Cette théorie mathématique non satisfaisante a laissé place à celle des échanges gazeux par diffusion dans un gel. Avec une formulation beaucoup plus compliquée, de meilleurs résultats sont obtenus mais ils ne sont pas parfaits.

Actuellement des recherches sont en cours, pour calculer la saturation in situ des tissus. Le modèle mathématique semble être proche de la vérité mais se trouve particulièrement complexe à obtenir.

En conclusion :

Les tables disponibles actuellement sont calculées pour avoir un taux minimum (supportable) d'accidents chez des sujets en bonne santé et en bonne condition physique.

Le risque de faire un accident de décompression augmente chez les plongeurs trop différents des sujets testés en considérant surtout l'âge, l'existence de pathologie(s), la mauvaise condition physique.

Remarques :

La surcharge pondérale est un facteur de risque qui a été exagéré, par contre un mauvais bilan lipidique est un facteur de risque probablement beaucoup plus sérieux.

Le stress est un facteur de risque sous-estimé. « On ne plonge pas avec la colère» dit un proverbe tahitien. Attention aux personnes fragilisées par un deuil ou une séparation, ou simplement au stress de l'équipement à bord de l'embarcation.

Il est indispensable de limiter les efforts après la plongée : risque de passage artériel des bulles en circulation (portage du matériel).

Physiologiquement, personne ne peut dire comment se font les phénomènes de saturation/déssaturation dans nos tissus, si la plongée comporte plus de deux yoyos. On sort du profil de plongée pris en compte par les tables et on s'expose à un risque non calculé, même en utilisant un ordinateur qui ne fait qu'appliquer le calcul des tables classiques.

Un bon nombre d'accidents se déclenche entre le palier à 3 m et la surface. Il est fortement conseillé de remonter très lentement : 2 mn sont raisonnables!

Les ordinateurs ont augmenté la sécurité des plongées uniquement en indiquant la profondeur maxi de la plongée et en indiquant la vitesse de remonté.

Les tables les plus sévères préconisent une remonté à 10 m/mn, surtout entre 15 m et la surface. En caisson les remontés se font à 7,5 m/mn ! Cette vitesse est celle des toutes premières tables qui ne préconisaient pas encore de paliers.

Mise à jour le Samedi, 17 Décembre 2005 11:39
 

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