Noyade (la)
Écrit par Alain BEUVART   
Mercredi, 26 Janvier 2011 15:25

LA NOYADE

Introduction

L'homme vit dans l'air où il prend l'oxygène nécessaire à l'organisme grâce à ses poumons et contrairement aux poissons il n’a pas de branchies qui lui permette de prendre l'oxygène dissous

  • Définition

  • Causes

  • Mécanisme et signes

  • Physiopathologie

  • Prévention

  • CAT face à un noyé (ou une perte de connaissance)

1- Définition :

La noyade est une mort dans l'eau par ASPHYXIE AIGUE, elle peut s'accompagner de l'inondation des poumons, rarement de la totalité.

Cette définition appelle deux remarques :

a) dans 10 à 20 % des cas, on ne trouve pas d'eau dans les poumons ; la noyade est donc une asphyxie aiguë consécutive à une submersion dans un liquide.

b) le terme noyade ne signifie pas forcément mort et le syndrome de submersion correspond à un état clinique assez caractéristique (cas des noyés réanimés ou de ceux dont le syndrome asphyxique n'a pas encore entraîné d'arrêt cardio-circulatoire).

2- Causes :

a) Physiques : L'épuisement, le courant (partir contre le courant et revenir avec).

b) Psychologique : Le malaise, la peur, la panique.

c) Physiologique : La fatigue, faiblesse, manque d’entraînement et de technique. L'alcool, un repas important avant la plongée. Vomissement (mal de mer)

d) Technique : Une anomalie de matériel, la panne d'air.

3- Mécanisme et signes:

a) La noyade primaire, asphyxique : ("Noyade bleue, Vraie noyade") :

L'hypoxémie et l'hypercapnie par manque d'air entraînent :

  • agitation, (de loin, on voit la victime qui "bouchonne" en surface)

  • apnée réflexe,

  • reprise de ventilation et inhalation,

  • asphyxie avec convulsions et cyanose,

  • apnée définitive puis arrêt cardiaque et lésions cérébrales.

b) La noyade secondaire, syncopale ("Noyade blanche, Fausse noyade") :

Une perte de connaissance brève (syncope) en immersion entraîne une noyade lors de la reprise respiratoire.

Divers causes de syncope : la "tasse", l'hypoxie ou "rendez-vous syncopal des 7 m", traumatisme crânien, choc testiculaire, digestion difficile, maladie, fatigue, peur, choc thermo différentiel (par abus de soleil).

4- Physiopathologie :

L’altération des cellules alvéolaires et la dégradation du surfactant sont responsables de l'hypoxémie (insuffisance de l’oxygène dans le sang) puis de l’hypoxie (insuffisance de l’oxygène dans les tissus) et de l'hypercapnie, qui entraînent l'oedème pulmonaire et cérébral.

L'insuffisance respiratoire est plus dangereuse que les modifications électrolytiques et volémiques qui varient en fonction du type et du volume du liquide aspiré;

Les mouvements d'eau et d'ions se faisant en fonction de la pression osmotique :

  • L'eau de mer : entraîne une hypo volémie modérée,( Rappel : Le sang contient 9g de sel par litre, alors que l'eau de mer en contient 30g par litre. ) l'eau passe du sang vers l'eau contenue dans les poumons, avec pour conséquence :

    • oedème pulmonaire aigu

    • passage du plasma dans les alvéoles : spume (mousse)

    • épaississement parois alvéolaires

    • le sang est plus concentré, moins fluide

  • L'eau douce : augmente brutalement la volémie, l'eau des poumons passe très rapidement dans le sang :

    • augmentation du volume sanguin : (peut doubler en 2 minutes)

    • éclatement des globules rouges qui entraîne une anoxie

    • fatigue cardiaque du ventriculaire droite

    • lésions foie, reins

Le décès a lieu par asphyxie et/ou fibrillation cardiaque.

De plus l'oedème pulmonaire, qui est plus dû à l'hypoxémie qu'a l'inhalation, ne permet pas l'élimination des gaz dissous par voie respiratoire, ce qui favorise l'apparition d'un accident de décompression aggravant les lésions de noyade.

5- Prévention :

  • Savoir nager !

  • Ne plonger qu'en bonne forme physique et mentale.

  • Ne pas dépasser ses possibilités et être prudent.

  • Se protéger du froid

  • Ne pas plonger seul

  • Prendre soin de son matériel.

  • Connaître les signes de plongée.

  • Gonfler le gilet stabilisateur en surface après la plongée.

  • Ne jamais laisser le bateau sans surveillance.

  • Ne pas sortir de l'eau là où la côte est battue par les vagues.

  • Plonger avec un couteau.

  • Eviter les abus de boissons et de nourriture

6- CAT face à un noyé (ou une perte de connaissance) :

Chez les mammifères, le "réflexe d'immersion" en eau froide, peut permettre la survie même après une longue période de immersion, par un ralentissement et un recentrage de la circulation, associé à une diminution des besoins tissulaires en O2.

On dispose d'environ trois minutes pour intervenir.

  • Appel des secours d'urgence

  • Vérifier l'état de conscience : Stimulations neurosensorielles.

  • Mettre en position latérale de sécurité (PLS) pour favoriser le rejet de l'eau

  • Vérifier la respiration : Fréquence (Adulte ±15/mn, Enfant ± 20/mn, Nourrisson ± 30/mn), cyanose.

  • Si satisfaisante => Libérer les VAS, mise en PLS, oxygénothérapie, réchauffement.

  • Si non satisfaisante (< 7/mn) => Ventilation assistée.

  • Vérifier les pulsations cardiaques : Fréq. (Adulte ± 70/mn, Enfant ± 110/mn, Nourrisson ±130/mn), pouls carotidien, fémoral, radial.

  • Traitement de l'Arrêt Cardio-respiratoire:

  • Ventilation et oxygénation au masque ou intubation.

  • Perfusion de Na Cl  0,9 %

  • Injection d'ADRENALINE 0,1 % = 1 mg/amp (1ml) si arrêt cardiaque : 1 mg/3 à 5 mn

  • Pratiquer le bouche à bouche ou le bouche à nez

  • Pratiquer un massage cardiaque dans le cas d'un arrêt du cœur (15 compressions rapides pour deux insufflations "si un sauveteur". 5 compressions rapides pour une insufflation "si deux sauveteurs").

La survie dépend de la rapidité de mise en oeuvre de la réanimation ventilatoire (dans l'eau si nécessaire) et circulatoire.

Conclusion

La noyade est un accident grave et souvent MORTEL dont l'éventualité n'est pas à négliger en plongée loin de là. Elle guette chaque plongeur, débutant ou confirmé.

 

 

LA NOYADE

Introduction

L'homme vit dans l'air où il prend l'oxygène nécessaire à l'organisme grâce à ses poumons et contrairement aux poissons il n’a pas de branchies qui lui permette de prendre l'oxygène dissous

  • Définition

  • Causes

  • Mécanisme et signes

  • Physiopathologie

  • Prévention

  • CAT face à un noyé (ou une perte de connaissance)

1- Définition :

La noyade est une mort dans l'eau par ASPHYXIE AIGUE, elle peut s'accompagner de l'inondation des poumons, rarement de la totalité.

Cette définition appelle deux remarques :

a) dans 10 à 20 % des cas, on ne trouve pas d'eau dans les poumons ; la noyade est donc une asphyxie aiguë consécutive à une submersion dans un liquide.

b) le terme noyade ne signifie pas forcément mort et le syndrome de submersion correspond à un état clinique assez caractéristique (cas des noyés réanimés ou de ceux dont le syndrome asphyxique n'a pas encore entraîné d'arrêt cardio-circulatoire).

2- Causes :

a) Physiques : L'épuisement, le courant (partir contre le courant et revenir avec).

b) Psychologique : Le malaise, la peur, la panique.

c) Physiologique : La fatigue, faiblesse, manque d’entraînement et de technique. L'alcool, un repas important avant la plongée. Vomissement (mal de mer)

d) Technique : Une anomalie de matériel, la panne d'air.

3- Mécanisme et signes:

a) La noyade primaire, asphyxique : ("Noyade bleue, Vraie noyade") :

L'hypoxémie et l'hypercapnie par manque d'air entraînent :

  • agitation, (de loin, on voit la victime qui "bouchonne" en surface)

  • apnée réflexe,

  • reprise de ventilation et inhalation,

  • asphyxie avec convulsions et cyanose,

  • apnée définitive puis arrêt cardiaque et lésions cérébrales.

b) La noyade secondaire, syncopale ("Noyade blanche, Fausse noyade") :

Une perte de connaissance brève (syncope) en immersion entraîne une noyade lors de la reprise respiratoire.

Divers causes de syncope : la "tasse", l'hypoxie ou "rendez-vous syncopal des 7 m", traumatisme crânien, choc testiculaire, digestion difficile, maladie, fatigue, peur, choc thermo différentiel (par abus de soleil).

4- Physiopathologie :

L’altération des cellules alvéolaires et la dégradation du surfactant sont responsables de l'hypoxémie (insuffisance de l’oxygène dans le sang) puis de l’hypoxie (insuffisance de l’oxygène dans les tissus) et de l'hypercapnie, qui entraînent l'oedème pulmonaire et cérébral.

L'insuffisance respiratoire est plus dangereuse que les modifications électrolytiques et volémiques qui varient en fonction du type et du volume du liquide aspiré;

Les mouvements d'eau et d'ions se faisant en fonction de la pression osmotique :

  • L'eau de mer : entraîne une hypo volémie modérée,( Rappel : Le sang contient 9g de sel par litre, alors que l'eau de mer en contient 30g par litre. ) l'eau passe du sang vers l'eau contenue dans les poumons, avec pour conséquence :

    • oedème pulmonaire aigu

    • passage du plasma dans les alvéoles : spume (mousse)

    • épaississement parois alvéolaires

    • le sang est plus concentré, moins fluide

  • L'eau douce : augmente brutalement la volémie, l'eau des poumons passe très rapidement dans le sang :

    • augmentation du volume sanguin : (peut doubler en 2 minutes)

    • >éclatement des globules rouges qui entraîne une anoxie

    • fatigue cardiaque du ventriculaire droite

    • lésions foie, reins

Le décès a lieu par asphyxie et/ou fibrillation cardiaque.

De plus l'oedème pulmonaire, qui est plus dû à l'hypoxémie qu'a l'inhalation, ne permet pas l'élimination des gaz dissous par voie respiratoire, ce qui favorise l'apparition d'un accident de décompression aggravant les lésions de noyade.

5- Prévention :

  • Savoir nager !

  • Ne plonger qu'en bonne forme physique et mentale.

  • Ne pas dépasser ses possibilités et être prudent.

  • Se protéger du froid

  • Ne pas plonger seul

  • Prendre soin de son matériel.

  • Connaître les signes de plongée.

  • Gonfler le gilet stabilisateur en surface après la plongée.

  • Ne jamais laisser le bateau sans surveillance.

  • Ne pas sortir de l'eau là où la côte est battue par les vagues.

  • Plonger avec un couteau.

  • Eviter les abus de boissons et de nourriture

6- CAT face à un noyé (ou une perte de connaissance) :

Chez les mammifères, le "réflexe d'immersion" en eau froide, peut permettre la survie même après une longue période de immersion, par un ralentissement et un recentrage de la circulation, associé à une diminution des besoins tissulaires en O2.

On dispose d'environ trois minutes pour intervenir.

  • Appel des secours d'urgence

  • Vérifier l'état de conscience : Stimulations neurosensorielles.

  • Mettre en position latérale de sécurité (PLS) pour favoriser le rejet de l'eau

  • Vérifier la respiration : Fréquence (Adulte ±15/mn, Enfant ± 20/mn, Nourrisson ± 30/mn), cyanose.

  • Si satisfaisante => Libérer les VAS, mise en PLS, oxygénothérapie, réchauffement.

  • Si non satisfaisante (< 7/mn) => Ventilation assistée.

  • Vérifier les pulsations cardiaques : Fréq. (Adulte ± 70/mn, Enfant ± 110/mn, Nourrisson ±130/mn), pouls carotidien, fémoral, radial.

  • Traitement de l'Arrêt Cardio-respiratoire:

  • Ventilation et oxygénation au masque ou intubation.

  • Perfusion de Na Cl  0,9 %

  • Injection d'ADRENALINE 0,1 % = 1 mg/amp (1ml) si arrêt cardiaque : 1 mg/3 à 5 mn

  • Pratiquer le bouche à bouche ou le bouche à nez

  • Pratiquer un massage cardiaque dans le cas d'un arrêt du cœur (15 compressions rapides pour deux insufflations "si un sauveteur". 5 compressions rapides pour une insufflation "si deux sauveteurs").

La survie dépend de la rapidité de mise en oeuvre de la réanimation ventilatoire (dans l'eau si nécessaire) et circulatoire.

Conclusion

La noyade est un accident grave et souvent MORTEL dont l'éventualité n'est pas à négliger en plongée loin de là. Elle guette chaque plongeur, débutant ou confirmé.

 

Mise à jour le Mercredi, 26 Janvier 2011 15:50
 

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