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Accident de décompression
L'accident de décompression (sigle ADD) (encore appelé anciennement et familièrement maladie des caissons) est un accident survenant essentiellement lors d'une plongée sous-marine, comme à l'issue de cette dernière. (En anglais DCS pour Décompression sickness, maladie de décompression)
Il survient à des plongeurs descendus trop profondément ou trop longtemps et qui remontent trop vite ou sans faire de paliers de décompression. Il est lié à une baisse de la pression ambiante subie par le corps (à la suite d’une forte compression antérieure pendant la plongée). C'est une des applications directes de la loi de Henry, à savoir la diffusion d'un gaz dans l'organisme, en l'occurrence le sang, les muscles, etc.
Circonstances de survenue des accidents de décompression
La principale cause d’accident de décompression est une réduction de la pression qui environne le corps. Les circonstances les plus courantes au cours desquelles une diminution de la pression ambiante peut se produire sont les suivantes:
Remontée à la surface après une plongée
Les accidents de décompression sont surtout connus comme accidents de plongée frappant les plongeurs sous-marins qui respirent un gaz qui est à une pression supérieure à la pression de surface. La pression de l'eau environnante augmente à mesure que le plongeur descend et diminue lorsqu’il remonte. Le risque d’accident augmente au cours des plongées de longue durée ou des plongées profondes, sans remontée progressive qui rendent les paliers de décompression nécessaires pour éliminer normalement les gaz inertes, bien que les facteurs de risque spécifiques ne soient pas tous bien compris. Certains plongeurs semblent plus sensibles que d'autres malgré des conditions identiques.
Il y a eu des cas d’accidents en Plongée libre (apnée) chez des plongeurs qui ont fait de nombreuses plongées profondes à la suite l’une de l’autre.
Histoire
1841 : Premier cas documenté du syndrome de décompression, signalé par un ingénieur des mines qui avait observé des douleurs et des crampes musculaires chez les mineurs des charbonnages travaillant dans des puits de mine mis sous pression afin d'empêcher les infiltrations d'eau.
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1867 : Le pionnier de la plongée sous-marine Julius H. Kroehl meurt d’un accident de décompression au cours d’une plongée expérimentale avec un engin sous-marin.
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1869 : L'un des premiers cas observé au cours d’une plongée en scaphandre alimenté en air comprimé par une pompe extérieure.
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1872 : Washington Roebling est atteint de la maladie des caissons alors qu'il travaillait comme chef mécanicien à la construction du Pont de Brooklyn (qu’il avait pris en charge, après le décès de son père John Augustus Roebling mort du tétanos). L’épouse de Washington, Emily, l’a aidé à diriger la construction du pont alors qu’il était confiné par la maladie à son domicile de Brooklyn. Il a lutté contre les séquelles de la maladie pendant le restant de sa vie.
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1878 : Publication de Paul Bert sur la maladie de décompression appelée effet Paul Bert.
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1880 : le syndrome de décompression devient connu sous le nom de Grécian Bends (la courbette grecque) parce que les individus touchés avaient généralement le dos voûté : c'est peut-être une référence à une figure d’une danse féminine à la mode (grecian bend).
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1906 : le gouvernement britannique commande une étude à John Scott Haldane sur les accidents des personnes travaillant en milieu pressurisé.
Mécanisme
Ces situations entraînent le dégagement d’un gaz inerte, en général l’azote, qui est normalement dissous dans les fluides organiques et les tissus, et qui sort de son état de solution dans un liquide (c'est-à-dire, dégaze) et forme des bulles de gaz.
Selon la loi de Henry, lorsque la pression d’un gaz au-dessus d’un liquide diminue, la quantité de gaz dissous dans le liquide va également diminuer. Une des meilleures démonstrations pratiques de cette loi est offerte par ce qui peut se produire à l'ouverture d'une bouteille ou d’une cannette de boisson gazeuse. Lorsqu'une bouteille est décapsulée, on peut entendre le gaz s'échapper et voir des bulles se former dans la boisson. Ce gaz est du dioxyde de carbone qui se dégage du liquide en raison d’une baisse de la pression de l’air à l'intérieur du récipient qui s’égalise avec la pression atmosphérique.
Descente
Lors de la descente, la pression ambiante augmente ainsi que la pression du gaz respiré par le plongeur. Comme le décrit la Loi de Henry, tous les gaz entrant dans la composition de l'air inhalé par le plongeur, vont se dissoudre dans le sang en quantité proportionnelle à la pression ambiante.
Ce phénomène est lent car les gaz dissous au niveau des poumons doivent être amenés dans les différentes parties du corps par le circuit de la circulation sanguine.
Cette dissolution des gaz est variable en fonction notamment de :
En fait, pour simplifier, plus la plongée sera longue et profonde, plus la quantité d'azote dissoute sera importante. On dit alors que les tissus du corps sont saturés en azote.
Remontée
Au cours de la remontée, la pression diminuant, tous les gaz dissous dans le sang tendent à reprendre leur forme gazeuse. La plupart du temps, ce gaz est évacué au travers des poumons au cours de la ventilation. Si la ventilation ne suffit pas, ou si la remontée est trop rapide, il arrive que ces gaz résiduels n'aient pas le temps d'être évacué par les poumons. Ils forment alors des bulles piégées dans le corps humain, causant des dégâts parfois irréversibles.
Accident
La formation de bulles s'effectue dans tout le territoire vasculaire, artériel ou veineux. Au niveau veineux, les bulles vont migrer dans le sens du flux sanguin, vers les poumons, où elles s'évacuent sans dommage si elles ne sont pas en grosse quantité. Ce phénomène est fréquent chez le plongeur et est le plus souvent silencieux et sans conséquence[].
Malgré un respect des procédures de décompression, des bulles d'azote sont toujours présentes dans le corps humain après le retour en surface. Celles-ci sont sans incidence et seront évacuées normalement si le plongeur respecte quelques consignes simples :
Les causes d'un accident de décompression peuvent être multiples :
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vitesse de remontée excessive ne laissant pas le temps à l'azote de s'évacuer et créant de nombreuses bulles
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non respect de la procédure de décompression utilisée (tables de décompression, ordinateur de plongée) :
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palier non effectué ou trop court (par manque d'air, mauvaises conditions de mer, négligence, etc.)
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non application des majorations dues aux plongées précédentes
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mauvaise utilisation des Tables de décompression (erreur de calcul)
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mauvaise utilisation de l'ordinateur de plongée (changement d'ordinateur entre deux plongées rapprochées, mauvais paramétrage)
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mauvais profil de plongée (dit profil inversé avec une profondeur maximale atteinte vers la fin de la plongée)
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mauvaise planification de la plongée (plongée trop longue et/ou trop profonde, profondeur atteinte supérieure à celle prévue, etc.)
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non respect du temps de repos en surface avant de prendre l'avion
Les facteurs aggravant les risques d'accidents sont :
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la fatigue (peu ou pas dormi avant la plongée ou trop de plongées dans le cas des moniteurs par exemple),
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le stress,
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le froid (qui réduit la taille des vaisseaux sanguins et donc perturbe la circulation),
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une mauvaise condition physique,
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L’âge : Il existe des observations indiquant que le risque augmente avec l'âge.
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des exercices physiques trop violents avant (surtout s'il y a eu douleurs musculaires), pendant (les tables de décompression sont étudiées pour des plongeurs sportif ou de loisir pas pour les plongeurs professionnels), ou après la plongée (remontée sur le bateau avec son matériel, relevage du mouillage...)
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La graisse.
Typologie et symptômes
Les accidents de décompression sont classés en deux catégories :
Accidents de type I
Atteintes cutanées
Cet accident sans grande gravité est assez rare en plongée de loisir (plongée à l'air en combinaison humide), mais plus fréquent lors de plongées en vêtement sec ou au cours de décompression en caisson. Il est provoqué par l'emprisonnement de bulles dans les capillaires sous-cutanés.
Cet accident peut se présenter de deux manières :
Ce sont des démangeaisons, voire des sensations de piqûres localisées au niveau du tronc et plus rarement au niveau du dos, du nez et/ou des oreilles
Ce sont des éruptions cutanées provoquant des démangeaisons (prurit). Ils peuvent être indolores mais sont souvent ressentis à la palpation. Ils sont essentiellement localisés au niveau lombaire ou péri-ombilical.
Atteintes ostéo-arthro-musculaire (ou bends)
Le terme bend vient du verbe anglais to bend et signifie courber car au XIXe siècle, les travailleurs sous-marins souffrant de séquelles douloureuses de la maladie de décompression étaient connus pour marcher courbés.
Cet accident est provoqué par la présence de bulles dans les articulations principalement (+Os et Tendons). La douleur est très intense, parfois même invalidante pour l'articulation concernée. Les bends surviennent souvent au niveau du genou, du coude, de l'épaule ou de la hanche.
Accidents de type II
Vestibulaire
Les bulles se forment donc dans l'oreille interne, que ce soit dans les vaisseaux d'irrigation ou dans les liquides lymphatiques de l'oreille.
Il peut alors survenir une rupture des canaux semi-circulaires et/ou de l'organe de Corti.
Les symptômes sont alors :
Médullaire
Ces accidents représentent la catégorie la plus fréquente des accidents de décompression. Les bulles se forment dans la moelle épinière.
L'apparition des symptômes peut être très rapide (parfois dès les paliers) ou plus tardive (jusqu'à 6 voire 12 heures après la plongée). Néanmoins, la majeure partie de ces accidents survient dans les 10 minutes qui suivent la fin de la plongée.
Les symptômes sont en général :
Cérébral
Les accidents de décompression cérébraux, plus rare, sont liés aux bulles se déplaçant dans la circulation sanguine artérielle.
Ce type d'accident peut survenir au cours de la plongée (dès les paliers ou dans les minutes suivant la sortie de l'eau.
Le degré d'atteinte peut être variable et les symptômes peuvent être très variés et sont, en général, les suivants :
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étourdissement, évanouissement, ou coma ;
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confusion et/ou désorientation ;
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déficits sensitifs (anesthésie) ;
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déficits sensoriels, troubles du langage (aphasie) ;
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troubles du comportement, délires, maux de tête ;
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déficits moteurs partiels plus ou moins symétriques ;
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hémiplégie (paralysie de la moitié du corps dans le sens vertical - souvent de la partie gauche en raison du passage des bulles dans l'aorte droite) ;
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paralysie des quatre membres (tétraplégie) due à une atteinte neurologique et/ou cérébrale.
Souvent, et plus spécifiquement en cas de symptômes graves, le pronostic est pessimiste.
Le diagnostic ne requiert pas d'imagerie si la liaison avec la plongée est évidente. La prise en charge urgente par recompression par caisson hyperbare ne doit pas être retardée.
Pulmonaire
L'accident de décompression pulmonaire, aussi appelé "Choke" (de l'anglais to choke : suffoquer) survient en général lorsque la remontée a été trop rapide (remontée d'urgence, exercice mal contrôlé). Les troubles respiratoires sont alors dus à un dégazage massif de bulles encombrant la circulation pulmonaire. Ce blocage peut entraîner une défaillance cardiaque et la mort.
La survenue de l'accident peut avoir lieu très tôt, entre le moment des paliers et les quelques minutes qui suivent la remontée en surface. Les symptômes sont :
Conduite à Tenir pour tous les accidents
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Allonger la victime
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La mettre sous oxygène
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Faire boire de l’eau plate
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Faire prendre de l’aspirine maximum 1 gr non effervescente
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Alerter les secours
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Contrôler le reste de la palanquée
Prévention
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Pas de Valsalva a la remontée
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Pas d’apnée après la plongée
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Toux et éternuement
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Gonflage du gilet à la bouche
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Effort physique important
Pour Info
La présence d'un foramen ovale perméable, consistant en une petite communication entre le cœur droit et le cœur gauche à travers les deux oreillettes et habituellement sans conséquence, majore cependant notablement le risque d'accident de décompression du fait de la transformation d'une embolie gazeuse du système veineux, anodine, en une embolie artérielle[].
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